Témoignages

Témoignages de soignants

« Créatrice de planning familial et militante dans les années 90, j’ai pratiqué des centaines d’Interruptions Volontaires de Grossesses non thérapeutiques alors que c’était encore interdit, et ensuite, après l’adoption de la loi, en planning familial et à l’hôpital. Praticienne en haptonomie depuis plus de 25 ans, je ne peux donner mon aval à une décision qui permet d’interrompre la vie d’un enfant à 20 semaines (d’aménorrhée). À 20 semaines il sent, ressent, réagit, répond.
Dans les années 90 la viabilité des foetus commençait à 28 semaines. Actuellement nous les sauvons à 22. Finalement où est la limite? Pourquoi pas 28 ou 30 tant qu’on y est? De plus à cet âge, le sexe est connu, ouvrant ainsi la voie à des avortements eugéniques liés au genre !
Prolonger de 12 à 20 semaines, soit de 56 jours la prise de décision. NON.
La décision doit être prise avant. Et la femme mieux aidée à la prendre.
Raccourcir le délai à 48h, INSENSÉ! Laissez aux femmes le temps de murir cette décision, avec le moins de conséquences possibles ensuite.
De plus la technique d’avortement au delà de 12 a 14 semaines est très différente et beaucoup plus traumatisante pour la femme.
En conclusion, une petite histoire: à la naissance des centres de planning familiaux pratiquant des IVGs, notre motivation et credo en tant que jeunes médecins était: ‘Nous sommes actifs.ves dans les centres de planning en espérant que la pratique de l’IVG disparaîtra rapidement grâce à une meilleure éducation sexuelle et un accès plus généralisé à la contraception’.
30 ans après… voilà où nous en sommes!
Alors SVP, mettons nos énergies à éduquer et prévenir plutôt que interrompre une grossesse à mi parcours! »

Docteur A. N.
Gynécologue, Bruxelles

« Le choix d’avorter est rarement un choix libre! Et les conséquences psychologiques à long terme sont lourdes, je l’entends très souvent des patientes. Nous devons pouvoir accompagner et aider ces femmes sur le long terme. Les médecins qui pratiquent les IVG suivent rarement les patientes des années après … ça c’est pour nous, les généralistes! Et on voit les dégâts ! »

Docteur V. Letocart
Médecin généraliste, Verviers

« J’ai entendu beaucoup de femmes regretter leur avortement, qu’elles avaient demandé car on les y avait poussées, ne leur proposant aucune solution. »

Monsieur Pierre Q.
Psychologue

« Je vous partage l’histoire de L. aujourd’hui âgée de 2 ans. Elle est née d’une 5° grossesse, au sein d’un couple belge vivant de grosses difficultés économiques. Devant leur incapacité à assurer financièrement un enfant de plus, les parents ont fait le choix de mener la grossesse à terme et de confier leur fille à l’adoption. Peu après sa naissance elle a été accueillie par un couple qui lui a offert la famille dont elle avait besoin. Les voyant régulièrement en consultation, je ne peux qu’être émerveillé de l’amour partagé au sein de cette famille adoptive. »

Docteur Weynants
Pédiatre, spécialisé en adoption

« Je peux seulement confirmer que les femmes qui ont effectivement subi un avortement ne l’auraient jamais fait si leur environnement leur avait apporté plus de soutien. Jusqu’à présent, dans mes 40 années de pratique, je n’ai eu qu’une seule femme qui n’a apparemment eu aucun problème avec cela, les autres sont profondément blessées et ne le referaient plus! »

Docteur Gillis
Médecin généraliste, Anvers

“Dans le cadre de ma pratique professionnelle en psychiatrie, j’ai rencontré à plusieurs reprises des femmes ayant vécu des IVG pour lesquelles cet acte restait psychiquement très problématique. Ces femmes exprimaient clairement que ce geste et ses conséquences, sont loin d’être anodins pour leur santé mentale”

Madame Marie F.
Assistante sociale en service de psychiatrie

« Il est important de préserver un cadre bioéthique et de prendre le temps d’une réflexion et d’un débat approfondis avec consultation exhaustive des différents partenaires, courants philosophiques / religieux et de la société. »

Docteur Antoine-Poirel
Médecin

“Je suis aux premières loges pour voir la souffrance après un avortement, combien les femmes ont besoin de fuir cette souffrance dans une assuétude.”

Madame Françoise R.
Infirmière en psychiatrie

« Remarque faite par un collègue gynécologue : à ce terme, on aura posé clairement le diagnostic du sexe de l’enfant, de là à imaginer que certains parents pourraient demander un avortement seulement parce que le sexe de leur bébé ne leur convient pas, il n’y a qu’un pas ! »

Docteur Weynants
Pédiatre

“Ce sont avant tout les femmes qui se sont saisies de cette question. Beaucoup de témoignages des soignants font état des difficultés suite à la pratique d’un IVG. Elles témoignent que l’impact psychologique est d’autant plus grand que la grossesse est avancée”

Docteur Chantraîne
Gynécologue

« Je suis assez mal à l’aise face à la précipitation des députés de la Commission Justice qui souhaitent faire passer, en l’absence d’un gouvernement et surtout en dehors d’un vrai et large débat de société, une modification majeure de la loi sur l’avortement »

Docteur de Muylder
Gynécologue

« La plupart des soignants que j’ai contactés à propos de cette tribune se sentaient impuissants face à ce projet de loi qui les heurte et qui est débattu loin du terrain. Une fois informés du projet de carte blanche, ils ont immédiatement manifesté leur adhésion”

Docteur Salmon
Médecin généraliste

“Je suis confronté régulièrement à la souffrance que génère chez mes patientes cet acte tellement difficile. Je pense qu’augmenter le nombre de semaines et/ou réduire le délai d’explication et de réflexion des différentes alternatives, aggraverait encore le vécu douloureux de cette interruption (in)volontaire de grossesse”.

Docteur Pirson
Psychiatre

“Quand une femme n’a pas décidé d’avorter à 12 semaines, c’est qu’elle est en grande situation de doute. Ce n’est pas rare que cela soit lié à des pressions familiales ou économiques”

Docteur Tennstedt
Médecin généraliste ayant pratiqué en planning familial

« Après les 6 jours de réflexions, une série de patientes, qui souhaitaient demander une IVG, ont finalement gardé leur enfant, et une autre série a eu le courage de donner leur enfant en adoption au lieu de l’avorter. Il n’y a eu aucune plainte, aucun problème ne m’a été rapporté par les mères.”

Docteur Chantraîne
Gynécologue

“Je suis pour l’avortement, mais 18 semaines me semble vraiment trop tard. Le bébé bouge déjà, il est presque viable. Je crains que le nombre de médecins qui acceptent de faire des avortement diminue beaucoup avec ce changement dans la loi et que les femmes aient encore plus de mal à avoir un avortement correct”.

Docteur Virginie R.
Médecin généraliste - Brabant Wallon

“Permettre l’IVG jusque 18 semaines est un manque de respect pour les personnes qui seront obligées d’accueillir dans une pièce un couple anéanti pour une fausse couche et dans la pièce à côté un couple qui vient pour avorter. Comment peut-on imaginer qu’accompagner les 2 comme il se doit, soit envisageable pour un seul professionnel…”

Madame Stephanie P.
Sage femme en salle de naissance - Hainaut

« Un avortement est un énorme traumatisme pour les femmes et encore plus à 18 semaines. De plus en autorisant l’avortement si loin, les patientes auront accès au sexe du bébé et pourront choisir de garder leur grossesse ou non, c’est un non sens.”

Docteur Véronique P.
Gynécologue - Bruxelles

“Je rencontre presque toutes les personnes qui font une IMG dans la clinique ou qui sont confrontées à une mort in utero. Il suffit de les écouter pour voir que ce n’est pas un acte comme un autre, que le délai de réflexion est important. Quand il n’est pas respecté, il n’est pas rare que les femmes se plaignent après que cela a été trop vite; qu’elles se réveillent d’un cauchemar, etc . Il suffit de voir la tristesse de parents qui découvrent un petit de 15 semaines ou plus décédés (par choix ou par accident) pour se dire que « ce n’est pas un rien ». Sans aucun jugement et sans interférer dans la décision de la femme, des parents, donner du temps avant, c’est intégrer la décision et diminuer la culpabilité possible après. De plus, dans l’accompagnement des personnes âgées, il n’est pas rare que les femmes reviennent sur des avortements pratiqués 40 ou 60 ans avant. Cela donne à penser.”

Madame Catherine B.
Infirmière - Brabant Wallon

“Dans mon travail en école secondaire, je suis confrontée de très près à la souffrance (voire au traumatisme dans certains cas) des jeunes qui se résolvent à vivre un avortement, parfois faute d’avoir été informés des aides possibles, voire des alternatives.
Le délai d’une semaine était déjà très court, il serait catastrophique de le réduire encore et d’évincer cette nécessaire période où l’on ouvre tous les possibles. Cela permet de mieux assumer ensuite une décision et d’avoir moins de regrets à vie.”

Madame Christine G
Assistance sociale - Liège

« A côté de mon métier d’infirmière, je suis par ailleurs psychologue. J’ai écouté des femmes qui avaient avorté. Un tel acte laisse très souvent des séquelles psychologiques importantes chez les femmes: augmenter le délais sera pire encore… elles sentiront bouger leur bébé! Et comment imaginer prendre une telle décision en 48h? »

Madame Nathalie L.
Infirmière - Namur

« Je suis en effet effrayé par le raccourcissement du délai bien indispensable et ayant vu quand même souvent des patientes changer d’avis, après quelques jours.”

Docteur Françoise T.
Médecin généraliste - Luxembourg

“J’ai accompagné beaucoup de larmes de mères ayant avorté et de papas dont leur couples avaient avorté, et c’est terrible cette souffrance, et dont ils ne pourront pas parler parce que socialement c’est très bien accepté”

Docteur Maria A.
Médecin généraliste - Bruxelles

« J’ai pratiqué l’IVG durant 6 année dans un planning familial, et je suis contre cette loi »

Docteur O.
Médecin généraliste ayant pratiqué en planning familial - Hainaut